La science de l’attention

(La science de l’attention) : La méditation de Pleine Conscience est un processus attentionnel extrêmement actif qui influence notre humeur et par conséquent notre joie. Il y a beaucoup de similarités avec le stress externe lié à l’environnement et la  distraction de l’esprit. Ce vagabondage  distrait notre pouvoir d’attention. La PC ou Pleine Conscience est un terme qui désigne une forme d’entrainement à l’attention que tout le monde peut pratiquer.

L’histoire humaine n’a jamais connu de flux aussi importants d’informations de toutes sortes qui perturbent notre attention. Pour résoudre ce problème de surcharge, l’évolution a conçu une solution qui est le système d’attention cérébrale. L’attention permet donc d’aligner notre pensée et notre comportement. Cependant ce puissant système souffre aussi de nombreuses vulnérabilités.Un environnement stressant, nos humeurs négatives et le vagabondage de l’esprit déséquilibre ce système. Cela ne va pas sans conséquences: nous faisons des erreurs, nous sommes moins heureux. Alors comment pouvons nous entraîner notre cerveau pour acquérir une meilleure attention et être plus satisfait ?La science de l’attention et la Pleine Conscience nous apportent des solutions pour retrouver notre joie.

Surcharge d’informations.

Contrairement aux idées reçues il est prouvé que les humains utilisent 100% de leur capacité cérébrale mais ils souffrent d’un problème de surcharge d’informations. C’est pourquoi l’évolution a conçu le puissant système d’attention cérébrale. Ce système qui nous permet de sélectionner des informations, gérer les tâches que nous devons faire, planifier nos actions. C’est aussi un système très important pour réguler notre humeur, nos émotions, pour nous connecter et nous relier à d’autres personnes. L’attention  permet d’aligner notre pensée et notre comportement.

 La puissance de l’attention focalisée 

Les neuroscientifiques nous disent que c’est quand notre attention est focalisée que les neurones se relient le plus. Il se crée alors une stimulation accrue, qui dépasse le seuil normal de déclenchement neuronal. Ainsi, plus la concentration d’une personne est forte, plus les signaux envoyés aux neurones associés au cerveau sont puissants. Sans concentration focalisée, les connexions cérébrales ne sont pas établies et la mémoire n’est pas stockée. Si nous ne prêtons pas une attention complète à ce que nous faisons dans le moment présent, notre cerveau active une multitude d’autres réseaux synaptiques. Ceux ci peuvent le détourner de son intention initiale. De nos jours, nous louons souvent la polyvalence, l’aptitude à être multitâches. Mais s’il est vrai qu’on peut apprendre en dispersant son attention,l’éparpillement cognitif ne conduit pas à des changements profonds et constants dans le cortex cérébral.

  • Le système d’orientation: utilisons l’image de la lampe de poche ou  qui nous permet de sélectionner et de diriger. Mais il y a des avantages et des inconvénients à diriger notre attention de cette manière. Car si nous nous concentrons sur quelque chose, nous oublions le reste autour de nous.
  • Le système d’alerte: utilisons l’image d’un feu de signalisation orange, notre attention consciente d’un danger potentiel, est en état d’alerte. Contrairement au rétrécissement et au réglage fin du système d’orientation, cet élargissement est précieux car ils nous permettent d’être prêts quelles que soient les circonstances.
  • Le système exécutif du cerveau, ou le jongleur. Comme le dirigeant d’une entreprise, qui veille à ce que tout se déroule correctement et qu’aucune des balles ne tombe. Nous voulons être sûrs de maintenir les objectifs et de garantir que les choses nécessitent une gestion, un suivi.

Tous ces 3 systèmes sont importants, nous les utilisons tout le temps dans l’exécution de comportements complexes sans le savoir. C’est donc un système cérébral puissant, mais qui souffre aussi de nombreuses  vulnérabilités.

La nature humaine est ainsi faite, nous avons davantage tendance à ne retenir que les événements les plus négatifs. (cela est probablement dû au fait qu’un événement négatif attise nos peurs, nos angoisses)… Imaginons par exemple, une personne se déplaçant d’un point à un autre. Sur son parcours elle croise un couple qui s’embrasse, un groupe de personnes qui rigolent, un passant qui aide un aveugle à traverser, un chien qui vient de se faire écraser… mais lorsqu’elle arrive à son lieu de rendez-vous celle-ci parlera bien plus du pauvre chien écrasé plutôt que des autres événements. 

Nous mémorisons les événements de manière d’autant plus efficace que l’émotion qui les accompagne est forte.Les journalistes l’ont bien compris, si vous captez l’attention des gens avec des images négatives dérangeantes de souffrance et de violence, vous affectez leur attention. 

Les distractions stressantes externes ont donc une influence sur l’attention. Mais que se passe-t-il si nous n’avons pas de distractions externes mais que nous nous distrayons nous mêmes ? 

Le vagabondage de l’esprit

Il y a beaucoup de similarités avec le stress externe lié à l’environnement et notre distraction interne. Notre errance interne distrait aussi notre pouvoir d’attention. Les scientifiques ont découvert que l’adulte moyen passe 50% de sa vie éveillée à ne pas prêter attention à ce qu’il fait. Une des raisons est que l’esprit a cette fantastique capacité à voyager dans le temps. En utilisant la métaphore du lecteur de musique MP3, nous voyons que nous pouvons rembobiner l’esprit dans le passé pour réfléchir à des événements qui se sont déjà produits. Ou nous pouvons avancer rapidement/fastforward pour planifier ce que nous voulons faire….Nous atterrissons souvent dans ce mode voyage dans le temps très fréquemment sans même en avoir conscience!  Pensez à la dernière fois que vous lisiez un livre sans aucune idée de ce que les mots disaient!

Sur mode

La rêverie et le vagabondage de l’esprit sont essentiels mais peuvent passer en sur mode dans des circonstances telles que les menaces, les peurs, le stress ou la mauvaise humeur. Quand cela se passe notre attention est maintenue dans le passé. Nous ruminons alors ou regrettons ce qui n’est plus. Nous pouvons aussi nous projeter dans le futur. Non pas pour planifier de manière productive, mais pour imaginer des scénarios catastrophes. Quand notre esprit vagabonde, nous ne prêtons plus attention à l’instant présent. Notre attention n’est plus alignée avec ce que nous étions en train de faire. Cependant, la rêverie et le vagabondage de l’esprit sont deux choses différentes. L’errance de l’esprit consiste à ce que l’esprit ne soit plus là quand nous avons une tâche à accomplir. Cela se produit à environ 50% du temps. Ce pourcentage qui peut augmenter dans des circonstances stressantes n’est pas sans conséquences.

Nous faisons des erreurs

Nous manquons parfois des informations critiques et nous avons des difficultés à prendre des décisions. Avoir un esprit vagabond fait partie de notre évolution et ce n’est pas un problème en soi. Mais dans des conditions de menace, de stress, de variation d’humeurs, lorsque nous voulons faire quelque chose et que notre esprit n’est pas présent,cela peut être problématique. Pour certaines professions une question de vie ou de mort (pompiers, personnel médical, militaires…)

Une  attention dysfonctionnelle est liée à des troubles psychologiques. 

  • Dans le processus de dépression, par exemple. Le système de la lampe de poche est trop centré sur le contenu négatif. Il peut même se bloquer dans une certaine direction et il est très difficile de l’y dévier.
  • Pour les personnes souffrant d’anxiété, c’est comme si le système d’alerte était passé en hyper mode, nous devenons hyper vigilants. 
  • Dans les  troubles déficitaires de l’attention, le jongleur ne sait plus retenir ses balles, il ne peut plus tenir les objectifs qu’il s’était fixé.  L’attention est donc très importante pour réguler notre humeur, pour réguler nos émotions. Ainsi que pour se connecter et se relier à d’autres personnes.

«Un esprit qui vagabonde est un esprit malheureux» (titre d’un article scientifique)

Au cours des expériences scientifiques sur l’attention, les gens signalent qu’ ils sont nettement moins heureux lorsqu’ils ne font pas attention à ce qu’ils font. Même si ce qu’ils font est ennuyeux.  Cela n’a rien d’étonnant! Car développer l’attention recèle un autre bénéfice qui est la stabilité. Ainsi, on entraîne son esprit à s’en tenir à son intention. On se sert de l’attention  comme du fil d’un cerf-volant pour empêcher l’esprit de suivre les vents des pensées.   Lors de certaines activités, nous pouvons même rentrer dans un état de Flux (Flow). Cet état de concentration, d’absorption procure un sentiment d’aise et de bien-être. 

Que pouvons nous donc faire lorsque notre attention ne nous sert pas? La Pleine Conscience comme processus attentionnel extrêmement actif qui apport joie et paix

La pleine conscience est un aspect très important de l’entraînement cérébral. La pleine conscience est la qualité de conscience qui émerge lorsqu’on tourne intentionnellement son esprit vers le moment présent. C’est l’attention portée à l’expérience vécue sans filtre (on accepte ce qui vient) sans jugement (on ne décide pas si c’est bien ou mal, désirable ou non) sans attente (on ne cherche pas quelque chose de précis).

Le processus de pensée à l’œuvre dans un esprit non entraîné est pareil à un cheval sauvage. Il est imprévisible et hors de contrôle. Lorsqu’il n’est pas entraîné, le cheval sauvage nous emporte où bon lui semble. Pour l’ apprivoiser, le cheval est mené avec un très longue corde dans un grand espace ouvert où il peut courir. Mais très lentement, on resserre la corde. Le cheval s’y habitue jusqu’à ce qu’il arrive à un lieu de repos naturel.

Pendant la méditation, nous cherchons donc la même chose avec l’esprit. Nous essayons de l’amener dans un lieu de repos naturel.  Par l’entraînement, notre attention se fortifiera mais comme pour le dressage du cheval sauvage, nous devons pratiquer avec douceur. Plus vous vous engagez dans la pratique plus vous en profitez. Car la méditation va modifier la structure même de notre cerveau grâce à sa neuroplasticité.

La méditation agit sur la neuroplasticité du cerveau, c’est-à-dire que le cerveau change en réponse aux expériences et à l’entraînement. Doncla méditation va modifier la structure même de notre cerveau.   Des scanners et électroencéphalogrammes pratiqués sur des méditants “expérimentés” (au moins 10 000 heures de pratique) révèlent que l’expérience méditativesollicite certaines zones du cerveau et en améliore le fonctionnement. C’est le cas des circuits neuronaux, auxquels elle assure une meilleure connexion. Résultat : l’attention et la vigilance sont améliorées au quotidien.

Des études  montrent que 7 heures de pratique, 30 minutes par jour pendant 2 semaines sont suffisantes pour produire des changements significatifs dans le cerveau. Il n’en faut pas beaucoup pour changer le circuit cérébral et changer le comportement de manières significative.

C’est une pratique!

  • Ce n’est pas un concept, c’est une pratique. Les entraînements à la Pleine Conscience ressemblent beaucoup à l’exercice physique. Si nous ne le faisons pas, nous n’en bénéficions pas. L’esprit se fortifiera si vous continuez d’exercer votre attention.
  • Cependant, durant cette phase d’entraînement, le meilleur conseil est d’être doux, d’être amicaux avec nous-même.Comme un bon ami le serait envers nous. Il nous encourage, nous aide à persévérer. 
  • C’est très facile d’apprendre à méditer mais plus difficile de continuer à le faire quotidiennement. Comme l’exercice physique ça ne marche pas une fois pour toutes, on l’a fait une fois et c’est fini! Il faut régulièrement inclure ça dans sa manière de vivre, c’est un style de vie.

L’attention est quelque chose de très puissant mais en même temps fragile et vulnérable. L’attention affecte nos perceptions de manière très forte. Des circonstances comme le stress et le vagabondage de l’esprit diminuent son pouvoir. Le contraire d’un esprit errant est un esprit attentif. Or la méditation de Pleine Conscience nous aide à garder l’esprit sur l’expérience du moment sans jugement.     Cet esprit qui n’élabore pas, cela peut être assez libérateur et favorise le bien-être. Gagnant en stabilité, l’esprit est moins frénétique et inquiet.                 Un esprit stable établit la base d’une vie plus satisfaite et plus heureuse. Donc la Pleine Conscience induit satisfaction et joie. Mais aussi des pensées positives qui entraînent à leur tour, très souvent, des actions positives. Nous rentrons dans un cercle vertueux!!

Cliquer sur les liens ci dessous pour découvrir les différents articles.

1 – La science de l’attention 2-  Pensées et cerveau 1 Mes pensées changent mon cerveau l’approche neuroscientifique 3 – Pensées et cerveau 2 Différentes manières de considérer autrement ses pensées 4 – Les bienfaits de la Méditation