Pensées et cerveau 2

(Pensées et cerveau 2) : Essayez de prendre le temps de vous poser pendant quelques minutes et d’observer vos pensées! Quel chaos! les idées tournoient sans cesse! Il paraît que nous avons plus de 6 000 pensées par jour, une vraie machine à histoire!

Or le processus de pensée à l’œuvre dans un esprit non entraîné est pareil à un cheval sauvage. Il est :imprévisible et hors de contrôle. L’esprit est alors sans cesse en mouvement. Il fait des écarts soudains, pense à une chose puis à une autre, se sent heureux, malheureux. Lorsqu’il n’est pas entraîné le cheval sauvage nous emporte où bon lui semble. Il peut parfois nous entraîner dans une danse infernale de ruminations.

Ces pensées ont-elles un impact physique sur nous? C’est ce que les neurologues ont investigué, et le résultat est assez incroyable : nos pensées modifient notre cerveau! Comme nous l’avons vu dans la première partie de cette article. Grâce à la neuroplasticité tout ce que l’on vit, ce que l’on apprend, ce que l’on ressent, ce que l’on pense, modifie la structure de notre cerveau. Il devient alors intéressant de voir quelle est la nature de nos pensées. Et remarquer comment faire attention à ce à quoi l’on pense!  C’est une question d’entraînement. La pratique de la méditation est un excellent moyen pour apprivoiser ce cheval sauvage de façon à le maîtriser tout en faisant de l’esprit un cavalier confirmé. 

– L’être humain a la capacité d’observer ses propres pensées. 

Par ex,dans la méditation de pleine conscience, nous utilisons nos capacités de conscience réflexive, qui consistent à observer le flot de nos pensées. Le zen propose la métaphore de la cascade. On est entre la chute d’eau (le flot de nos pensées) et la paroi du rocher. Légèrement décalé, on s’observe penser, on n’est plus sous le flot (distance) mais on est pas loin (présence). 

– Les pensées ne sont que des événements mentaux, des phénomènes transitoires. 

Ces innombrables chaînes de pensées qui traversent notre esprit ne sont en fait que de l’activité mentale. 

– Nous pensons que nous sommes nos pensées et qu’elles sont la réalité. 

Quand on est identifié à son mental, on croit que si on a une pensée on est identifié à cette pensée. Par ex: “Si j’ai une pensée de stress, je suis stressé. Si j’ai une pensée de tristesse, je suis triste”. 

 C André:Certaines de mes pensées et de mes émotions sont si convaincantes et si présentes qu’elles se présentent comme la réalité elle-même. Si une pensée me dit je n’y arriverai pas alors je réagis comme si c’était vrai. Si une émotion d’angoisse ou de dépression me submerge, et si j’ai le sentiment que c’est la catastrophe. Alors je réagis comme si c’était vrai et cela me fait souffrir. Mais souvent mes pensées et mes émotions se trompent et me trompent, très souvent.”

– Nos pensées ne sont pas le problème, mais plutôt le rapport que nous entretenons avec elles

La machine à histoire que nous avons dans la tête est très forte pour nous encourager à demeurer tel que nous sommes. Si nous réalisons celanous verrons mieux que,dans ces pensées, se nichent beaucoup de jugements de valeur, d’automatismes, d’énergies d’habitude, d’impulsions, avec lesquels nous n’avons pas forcément à être d’accord. En fait, nos pensées sont nourries par nos sensations, notre imagination, nos souvenirs, nos projections d’avenir. Elles sont très liées à notre éducation et notre vécu, mais elles ne sont donc pas forcément représentatives de la réalité et de ce qui s’est vraiment passé. C’est ce que les psychologues appellent des distorsions cognitives.

Cependant,  il n’en reste pas moins vrai que c’est à nous qu’il revient de décider si la pensée à une valeur de vérité ou non et comment nous voulons y faire face

  1- Développons notre concentration :

(voir article “Porter attention à votre attention” pour plus d’informations)                                                                                                                                        

2- Revenons à l’expérience du moment présent.

En  regardant  nos pensées aller et venir. Dans l’instant présent nous sommes libérés des peines du passé et des angoisses du futur. Soyons conscient de tout ce qui nous entoure grâce à nos sens : sons, couleurs, odeurs.                            

 3- Acceptons toutes les pensées telles qu’elles se présentent dans le moment présent.  

Si nous voulons que  l’esprit soit  libre, résister à ces pensées ne fait que créer plus de tensions. Nous dépensons souvent beaucoup d’énergie dans notre vie à nier et à résister à ce qui est déjà un fait, ce faisant nous créons davantage de tensions.                                                                                             

4-  Lâchons prise en acceptant les pensées telles qu’elles sont.

Nous les reconnaissons et simplement ne les poursuivons pas davantage. Si nous trouvons particulièrement difficile de lâcher quelque chose  en raison de sa forte emprise sur notre esprit, nous pouvons diriger notre attention vers le ressenti de cette emprise. Se cramponner est le contraire de lâcher prise.   

5- Accueillons nos pensées avec une attitude d’intérêt et de curiosité bienveillante.                     

En cessant de les nourrir plutôt que de leur résister, il est possible de s’en distancier et de les considérer d’une autre perspective.    

6- Pratiquons le  non jugement et l’attitude de témoin.   

Quand nous faisons attention à nos pensées,  il est courant d’être surpris par le fait que nous générons en permanence des jugements sur notre expérience. A peu près tout ce que nous voyons est étiqueté et catégorisé par le mental. Nous réagissons à tout ce dont nous faisons l’expérience selon la valeur que nous lui attribuons. Certaines choses, personnes, situations et circonstances sont jugées « bonnes » parce qu’elles nous font nous sentir bien. D’autres sont tout aussi vite considérées comme « mauvaises » parce qu’elles nous font nous sentir mal. Le reste entre dans la catégorie « neutre » car nous pensons que cela n’a pas beaucoup d’importance.                                                                          

  7 – Pratiquons la patience.   

Rappelons nous que nous n’avons pas à remplir nos moments avec des activités et davantage de pensées pour qu’ils soient riches. La patience est une forme de sagesse. Elle prouve que nous comprenons et acceptons le fait que, parfois, les choses doivent se déployer à leur rythme

1 Nous avons davantage tendance à ne retenir que les événements les plus négatifs. 

Imaginons une personne se déplaçant d’un point à un autre. Sur son parcours, elle croise un couple qui s’embrasse, un groupe de personnes qui rigolent, un passant qui aide un aveugle à traverser, un chien qui vient de se faire écraser. Mais lorsqu’elle arrive à son lieu de rendez-vous, celle-ci parlera bien plus du pauvre chien écrasé plutôt que des autres événements.  

 2 – Familiarisons nous avec nos ruminations, nos pensées automatiques, récurrentes

Rappelons-nous la loi de Hebb: “tout ce qui se connecte se renforce”.Donc, plus je vais entretenir des pensées négatives, douloureuses, plus je vais les développer et donc plus je vais développer ma capacité à penser à ces choses là, et à ressentir les émotions associées. 

3- Ce genre de pensées peuvent déclencher le mécanisme de réponse au stress. 

Le danger étant de devenir dépendant de ces pensées car les hormones du stress peuvent être très addictives.

L’histoire du verre d’eau : une psychologue, soulevant un verre d’eau, demande à ses élèves: “Combien pèse ce verre d’eau?”. Les réponses entendues variaient de 200 à 500 grammes. Mais sa réponse surprit ses élèves: « Le poids absolu n’a pas d’importance. Cela dépend de combien de temps je tiens ce verre. Dans chaque cas, le poids du verre ne change pas, mais plus longtemps je le tiens, le plus lourd, il devient. Le stress et les inquiétudes dans la vie sont comme ce verre d’eau. Si vous n’y pensez que pendant un moment, rien ne se passera. Si vous y pensez un peu plus longtemps, les problèmes commencent à apparaître. Et si vous y pensez toute la journée, vous vous sentez paralysés, incapable de faire quoi que ce soit.Pensez à déposer le verre. »

4 – Décidons donc dans quelles pensées nous allons nous investir 

 Christophe André nous dit que la rumination, c’est la solidification du bavardage de l’esprit

Il est donc particulièrement important d’identifier les pensées parasites qui nous absorbent et sont  susceptibles de nous entraîner dans une spirale descendante. 

En devenant  plus facilement conscient du processus et il est possible de le changer. Essayons donc de voir avec lucidité comment nous voulons agir et dans quelles pensées allons-nous nous investir!  

1 – Détournons notre activité mentale vers un thème étranger à nos soucis, nos obsessions. 

L’idée est de tirer profit de la neuroplasticité afin de développer un nouveau circuit cérébral qui procure du plaisir et libère de la dopamine. Cette dopamine récompense l’activité de remplacement et consolide les nouvelles connexions neuronales. Ce circuit neuronal rivalise avantageusement avec l’ancien et finit par l’affaiblir. Nous retrouvons ici le principe utilitaire de la plasticité “ce qui ne sert à rien n’a pas de raison d’exister”. Ainsi avec les obsessions et les comportements compulsifs, Norman Doidge nous dit. Plus on le fait, plus on a envie de le faire; et inversement : moins on le fait moins on en a envie”!

2 – Passons du mental négatif au mental positif.

Les critiques envers nous-mêmes, notre environnement, la société, génèrent en nous une attitude négative, par les pensées que nous projetons. Au contraire, apprenons à repérer les bons moments de la vie, même les plus banals ( un rayon de soleil, la beauté de la nature, le sourire d’un enfant…) et à les savourer! 

3 – Pensons à éprouver de la bienveillance et de la gratitude 

Pour nous mêmes d’abord et pour les êtres aimés qui nous entourent. Pour toutes les choses pour lesquelles j’éprouve du plaisir, du bonheur. 

Petit truc avant de s’endormir ou au réveil le matin. Se rappeler de 4 ou 5 évènements positifs qui me sont arrivés dans la journée et éprouver des pensées de gratitude.

“Le bonheur s’engramme” nous dit Christophe André. Si nous en prenons conscience et savourons les moments de bonheur en nous rendant présent à cet instant,nous le transformons en un sentiment de bonheur beaucoup plus puissant. Celui ci qui va laisser une trace profonde dans votre cerveau, où il se trouvera enregistré quelque part dans vos réseaux synaptiques et neuronaux. 

Une des techniques les plus simples  et les plus efficaces pour calmer le vacarmeincessant de vos pensées est  la méditation.

Plus de 1000 études ont été publiées prouvant les bienfaits pour la santé de la méditation. Les gens qui méditent ont des connexions neuronales plus fortes entre les différentes parties du cerveau.

La méditation de pleine conscience est souvent décrite comme une attention à notre expérience du moment présent sans élaboration conceptuelle ni réactivité émotionnelle. 

Méditer est un moyen de découvrir comment fonctionne l’esprit et comment transformer ses conditionnements.  Voir article “Les bienfaits de la Méditation

Les choses difficiles font partie de la vie et c’est la manière dont nous faisons face aux difficultés qui constitue la différence entre le fait qu’elles dirigent nos vies ou que nous pouvons les considérer avec plus de distance. 

Il est parfois difficile d’envisager l’aspect positif de l’existence lorsque l’on baigne dans un climat d’informations négatives. Les médias, qui pour la plupart y trouvent un intérêt pour leur audimat. Ils ne font qu’encourager et répondre à la demande du grand public qui cherche à nourrir des sentiments et d’émotions négatives.

Si nos pensées engendrent la peur, l’inquiétude, l’anxiété et la négativité on stimule les circuits neuronaux à produire davantage de pensées similaires. A l’inverse si nos pensées engendrent l’amour, la compassion, la gratitude et la joie on stimule les circuits neuronaux à reproduire ces expériences. On comprend mieux pourquoi les personnes bercées dans une forme de « sinistrose » ou de pensées « morbides » semblent s’y complaire de plus en plus avec le temps.

Mais pourquoi se priver de nouvelles plus constructives capables de nous aider à évoluer en encourageant nos sentiments les plus positifs ?

Nous savons tous qu’il est toujours préférable de regarder le verre à moitié plein d’optimisme plutôt qu’à moitié vide de pessimisme !

Cliquer sur les liens ci dessous pour découvrir les différents articles.

1 – La science de l’attention 2-  Pensées et cerveau 1 Mes pensées changent mon cerveau l’approche neuroscientifique. 3 – Pensées et cerveau 2 Différentes manières de considérer autrement ses pensées. 4 – Les bienfaits de la Méditation.